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Trente ans de chaos : Kaguitte amorce sa renaissance embryonnaire (Par Talibouya Aïdara)

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Kaguitte ! Le nom de cette bourgade suscitait beaucoup d’espoirs chez les populations de la région naturelle de la Casamance. Après trente ans de conflit, Kaguitte a tourné la page sombre de son histoire et a entamé sa renaissance sur les cendres de son marché hebdomadaire.

Naguère haut lieux d’intenses échanges commerciaux, Kaguitte se situe dans l’Arrondissement de Niassya qui comprend les communautés rurales d’Enanpor et Niassya. Cette zone reste l’une des plus belles parties de la Basse Casamance. Et la bourgade de Kaguitte constituait une vraie attraction. Elle fut un carrefour commercial entre le département d’Oussouye, de Bignona, de Ziguinchor et de la Guinée-Bissau. Ce qui lui donnait à la fin des années 1990, le statut de poumon économique du département de Ziguinchor. Son marché hebdomadaire n’avait rien à envier ceux des autres localités du Sénégal. Il drainait les petits et les grands commerçants de toute l’Afrique de l’Ouest.

L’huile de palme, les fruits sauvages et domestiques, les produits agricoles et les produits halieutiques faisaient sa richesse. Les cases et les huttes cédaient place aux constructions en dur ou en banco. Les étals des coins de rues disparaissent au profit des boutiques. Signe de prospérité et de développement.  Les populations ignoraient la cherté de la vie et ne projetaient nullement de s’installer dans les grandes villes du Sénégal. C’était la concurrence chez les enseignants pour servir dans cette localité qui est à cheval entre le département de Ziguinchor et d’Oussouye.

Les villages de Badème, Bafican, Darsalam, Diokher, Toubacouta, Kaïlou, Kaléane, Séléki pour ne citer que ces quelques y écouler leurs produits. Mais pas pour longtemps. Les combats qui ont recommencé en avril 1990 dans la région naturelle de la Casamance après les accrochages de décembre 1982 ont tout chamboulé. Plus grave encore, Kaguitte fut le théâtre d’affrontements d’une part entre l’armée sénégalaise et bissau-guinéenne et d’autre part entre les éléments d’Atika (branche armée du Mfdc) et l’armée sénégalaise.

En trois ans, Kaguitte s’est vidé de sa sève nourricière. C’est-à-dire ses habitants. Ces derniers ont pris les pistes, les labyrinthes, les chantiers, les routes, les fleuves qui mènent à Ziguinchor, Oussouye, Guinée-Bissau, Gambie et Dakar laissant derrière eux les maisons, les vergers, les rizières, les bras de fleuves riches en fruits de mer, etc. Trente ans après Kaguitte a fini de tourner cette page sombre de son histoire.

Aujourd’hui, ce village a amorcé sa renaissance. L’Union des jeunes de Kaguitte et environs est en train de travailler pour le retour des populations déplacées. A cet effet, ils organisent des Journées dites « Retrouvailles de Kaguitte ». Elles regroupent les populations de Bouniak, Kassou Sénégal et Kaguitte. L’objectif est de réfléchir sur la cohésion sociale et la gestion des ressources naturelles.     Les populations qui s’étaient déplacées regagnent petit à petit leurs foyers. « Si le gouvernement et le Mfdc négocient pour la paix, il faudrait aussi que les communautés s’y mettent pour une paix définitive. Il faut pardonner, moi j’ai perdu mon père dans ce conflit mais je suis le premier à pardonner», laisse entendre Daouda Diémé, Président de l’Union des Jeunes de Kaguitte dans un article paru dans Rewmi du 10 octobre 2015.

En avril 2017, Kaguitte a ouvert une nouvelle PAGE de son histoire en abritant le défilé décentralisé de l’Arrondissement de Nyassia.

Vive la paix !

Vive Kaguitte !

Vive la Casamance !

Vive le Sénégal !

Par Talibouye AIDARA

Journaliste/Communicant

Email : aidara.or.t@gmail.com

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