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10 avril 2019
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A l’occasion des Journées mondiales nationales de la jeunesse catholique, organisée à la cité religieuse de Popenguine, l’archevêque de Dakar, Monseigneur Benjamin Ndiaye a appelé à des métiers adaptés pour les jeunes.

La ville de Popenguine qui abrite le sanctuaire marial a accueilli du 5 au 7 avril 2019 la 34e édition des journées mondiales nationales de la jeunesse catholique du Sénégal. Au cours de son homélie, l’archevêque de Dakar, Benjamin Ndiaye, est revenu sur le phénomène de l’émigration clandestine, plaidant en faveur des jeunes pour une formation qui s’adapte aux besoins et réalités. «Travaillons ensemble à les épargner les souffrances inimaginables de la migration clandestine et, ceci en nous y investissant à mieux assurer leur avenir chez nous par un système scolaire encore plus rigoureux et moins perturbé, avec des programmes diversifiés et performants », lance le religieux. Selon lui, «les jeunes doivent aussi bénéficier de filières  de formation qui mettent en valeur leur savoir-faire pratique dans des métiers adaptés à nos réalités ». «Consolez mon peuple, dit votre Dieu. Que cet appel divin nous mobilise au service de notre jeunesse pour son  bien, pour celui de nos pays, de nos familles de nos communautés », a exhorté l’ancien évêque de Kaolack.

— Forum de l’entreprenariat —

A cet effet, l’archidiocèse de Dakar a initié une grande première dans le cadre des journées mondiales des jeunes catholiques, un forum pour l’entreprenariat des jeunes catholique, avec la participation des entreprises nationales comme la Délégation à l’entreprenariat rapide (Der), l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme), entre autres. A travers cette démarche, l’Eglise catholique veut faire émerger des initiatives économiques portées par les jeunes dans le but d’amener les porteurs d’initiatives économiques à structurer leurs projets et à les faire connaitre.

L’évêque de Kaolack Martine Boucar Tine, saluant cette initiative, estime qu’elle permettra aux jeunes de «savoir entreprendre, de ne pas toujours attendre que cela vous tombe du ciel ou de quelqu’un». Pour le nouvel évêque de Kaolack, l’église est tenue de s’investir dans la question humaine, « étroitement liée à la question divine. «L’église ne peut et ne pourrait jamais se focaliser et se cantonner à un niveau spirituel et oublier la question sociale. Les deux vont ensemble parce que depuis que Dieu a décidé  de faire sa demeure au milieu de nous, nous sommes intrinsèquement liés à la question divine. La question divine et la question humaine sont inséparables», a enseigné Mgr Martin Boucar Tine.

— Une initiative saluée par les jeunes —

Raïcha Tabar, étudiante de son état, soutient que cette initiative permettra aux jeunes «de connaître de l’emploi et de savoir s’orienter au moment opportun». Richard Ndecky, pour sa part estime que ce forum « est venu à son heure ». Car, la logique voudrait que les jeunes soient leurs propres entrepreneurs pour assurer leur avenir. «Aujourd’hui, que l’Eglise, en tant que telle, se lève pour nous présenter cette plateforme, nous l’accueillons positivement», a-t-il loué. Car, «bon nombre de jeunes sont là, avec des idées pertinentes, mais sans la bonne information pour aller dans la bonne direction ».

Charles SENGHOR (à Dakar)

5 avril 2019

L'économiste Cheikh Moustapha Mbacké (HEC Montréal) petit fils de Serigne Fallou et Directeur général de la Sénégalaise de Construction et de Promotion Immobilière (SCPI) s'est exprimé devant un public composé d'experts, de petits fils de Serigne Touba et de nombreux talibés sur les moyens techniques financiers et humains de faire de la cité religieuse un pôle de développement s'appuyant d'abord sur ses ressources propres. Il a fait la communication lors d'une conférence inscrite à l'agenda de Kazu Rajab 2019.

2 avril 2019
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La ville de Touba refusera ce mardi du monde. La communauté mouride célèbre la naissance Serigne Mamadou Fallilou Mbacké  appelé l’unificateur et « borom mou am, mou am». Ce dernier a été deuxième Khalife  de Cheikh Ahmadou Bamba de 1945 à 1968. Cet évènement prend de plus en plus de l’ampleur.  Chaque année des milliers de pèlerins se déplacent vers Touba. Comme chaque édition, le chef de l’Etat est représenté par une délégation   auprès de l’actuel Khalife de Serigne Fallou, Serigne Abo Mbacké  à la cérémonie officielle.

Coura Ka

28 mars 2019
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Pour les besoins du pèlerinage aux lieux saints de la chrétienté, pour l’édition 2019, il faut augmenter 100 mille Fcfa, passant de 2,6 millions de Fcfa à 2,7 millions de Fcfa. Les pèlerins seront en recueillement du 24 août au 13 septembre 2019.

Selon Mgr Paul Abel Mamba, président du Comité interdiocésain national pour les pèlerinages catholiques (Sinpec) qui animait hier une conférence de presse la présente édition sera placée sur le thème : «Je suis la servante du Seigneur ». il renseigne que le pèlerinage de cette année interpelle les jeunes sur leur vocation dans l’Eglise et dans la société en prenant la Vierge Marie comme modèle.

Au total, 350 pèlerins seront de la partie pour l’édition 2019.

Media28

20 novembre 2018
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Le Khalife général des Tidianes, Serigne Mbaye Mansour Sy, a exhorté, lors de la cérémonie officielle de clôture de la 117e édition du Gamou de Tivaouane les politiciens «à prendre leurs responsabilités» pour l’élection présidentielle de février 2019. L’homme religieux les a appelés « à sauvegarder la paix, à ne pas brûler le pays, à éviter aussi les dérapages et écarts de langage qui peuvent créer des tensions sociales, mais aussi à se respecter». Cet appel, selon lui, est adressé au Pouvoir et à l’opposition. Une adresse aussi aux parents à veiller sur l’éducation des enfants. Serigne Mbaye Sy Mansour a, aussi, vigoureusement condamné les mauvaises habitudes des musulmans, les barbaries, les tueries, les calomnies, médisances et mensonges.

Il a invité les musulmans à se donner la main parce que l’heure n’est pas à la division. Il leur demande de prendre exemple sur le Prophète (Psl)…

Le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye qui a présidé la cérémonie a sollicité auprès du Khalife des prières pour des «élections apaisées».

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20 novembre 2018
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Le président de la République a sollicité à Médina Baye où il est passé hier des prières auprès du Khalife pour une élection apaisée en 2019. Macky Sall s’est engagé à « agrandir et à réhabiliter » la grande mosquée de Médina Baye. Le chef de l’Etat a aussi annoncé un vaste programme d’assainissement pour la cité religieuse et la construction de la voirie publique et du marché central de Médina Baye.

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19 novembre 2018
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Le Khalife général des Tidianes s’est voulu très clair. Même s’il ne cache pas son amitié pour le président Macky Sall, il ne donnera pas de consigne de vote pour l’élection présidentielle de 2019 parce qu’il a des disciples dans tous les partis du Sénégal. « Macky (Sall) est mon ami. Ce, bien avant qu’il ne soit président et moi-même khalife. Mais, je ne fais pas de la politique, je ne vote pas et je n’ai jamais voté dans ma vie. J’ai des talibés dans tous les partis et je ne peux pas donner de consigne de vote au profit d’un candidat », a confié Serigne Mbaye Sy Mansour à la délégation du Parti démocratique sénégalais (Pds).  Selon lui, « Dieu mettra à la tête le meilleur pour diriger le pays ». Il demande de reconnaître celui que Dieu choisira.

Media28

19 novembre 2018
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Gloire à Allah (SWT) Qui, par son Verbe Sublime, nous a gratifié du noble statut de Fils d’Adam. Et, Qui, pour nous éviter l’échec absolu d’humanité promis par Satan, nous a toujours guidé dans le chemin de la félicité par l’envoi de prophètes successifs, dont Mouhammad (PSL) est certainement le dernier, Apporteur du Message Complet et parfait. Certains penseurs du passé ont d’ailleurs cherché à salir ce long processus de perfectionnement de l’Humanité, en évoquant les époques initiales où certains descendants d’Adam auraient pratiqué l’inceste. Mais Allah (SWT) en tant que Créateur et Détenteur des secrets du temps, a nourri le temps par cette entreprise humaine, dont Mouhammad (PSL) est sans nul doute le Patron spirituel. Et il faut aussi se demander pourquoi Allah (SWT) a fait la création des cieux et de la terre en six jours, soit six mille de nos années ? Parce que la temporisation est de Lui et que la précipitation est de Satan. C’est pourquoi, le Conseil le plus présent dans les recommandations d’Allah (SWT) aux hommes est : Soyez patient ! Comme disait Serigne Cheikh Ahmad Tidiane SY Al Makhtoum (RTA), il faut qu’il y ait patience, parce que le temps est une créature qui doit vivre, il faut qu’il y ait des malades, par ce que la maladie est une créature qui doit avoir de quoi vivre et il faut qu’il y ait des morts par ce que la mort est une créature qui doit avoir de quoi vivre.

Ainsi, dans le temps, la religion s’est progressivement perfectionné suivant la parfaite chronologie d’Allah (SWT) et sous le vocable générique d’Islam dont le sens étymologique est « Soumission ». Les malheureux détracteurs de l’Islam n’ont jamais pu trancher cette logique temporelle progressive, qui a fait de la venue de Mouhammad (PSL) un évènement qui colle parfaitement à la fois, aussi bien à l’époque qu’à la communauté khouraychite dans laquelle il a été choisi. L’époque était caractérisée par des pratiques ayant atteint un niveau impossible comme les tueries des filles enterrées vivantes. A cette époque aussi, les Khouraychites étaient responsables de la gestion de la sainte Ka-a-ba, très anormalement empestée de pratiques d’idolâtries. Avant la prophétie, Mouhammad (PSL) a d’abord prouvé son exemplarité comportementale inégalée à la Mecque et reconnue par tous les habitants de la localité. Dans son œuvre en tant que Prophète, Mouhammad (PSL) a triomphé de ses agresseurs, après 29 combats déroulés sans injustices aucunes, ni sur les enfants, ni sur les femmes, ni sur les vieux, ni en termes de dégradation de la nature. Dans son manteau de Chef des croyants et d’Etat, Il a jeté les bases de la société la plus égalitaire qui ait jamais existé dans l’humanité, assurant protection et convivialité aux juifs et aux chrétiens qui pouvaient exercer leurs dévotions sans être embêté. C’est pourquoi Lafayette, un des architectes de la révolution française, s’écria un jour : Ô Mouhammad, personne n’a pas égalé le niveau de justice que tu as exercé ».

Cette ouverture et cette justice sont des caractéristiques perpétuelles de l’Islam. En 1492, après la victoire de Ferdinand et Isabelle sur les musulmans, les juifs furent expulsés d’Espagne. De nombreux juifs se refugièrent en Turquie, siège du Califat de l’Islam, où ils furent accueillis avec égards parle sultan. L’Islam est dès lors la religion unique, puisqu’Il consacre d’abord la liberté d’action de l’homme qu’Allah (SWT) lui a accordée. Il invite ensuite à la spiritualité sans contraintes et dans le respect des autres croyances monothéistes qui peuvent s’intégrer dans le « Tout » qu’Il représente. Mouhammad (PSL) n’a ainsi été loué par Allah (SWT) que par son exemplarité comportementale. Les trois versets suivants attestent de sa victoire :

–          « Vous êtes la meilleure communauté qu´on ait fait surgir pour les hommes » (3 : 110).

–          « En vérité Nous t´avons accordé une victoire éclatante » (48 :1).

–          « J´ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J´agrée l´Islam comme religion pour vous » (5 : 3).

Après son rappel à son Seigneur, les conditions et la suite de sa succession ont établi à jamais l’universalité et le caractère inépuisable de son héritage. Mouhammd (PSL) était un Leader d’une présence et d’un charisme divins. Il faisait alors l’unanimité sur tous les actes qu’il a posés et sur tous les jugements qu’il a rendus. Mais aucun des quatre khalifes (Abou Bakr, Oumar Ibn Al Khatab, Ousmane ibn Haffane, Aliou Ibn Abi Taalib, RTA), n’a été exempté de reproches de la part des croyants, et pour la plupart, cela a conduit à leur assassinat. Ces khalifes et compagnons à qui, tous les musulmans de tous les temps, seront à jamais redevables rien que pour l’accompagnement victorieux dont ils ont fait montre aux côtés du prophète (PSL).

Ces suites d’évènements ne font que conforter le retour sempiternel vers l’œuvre et le message de Mouhammad (PSL), en tant qu’unique et parfait repère dans notre existence. Seul ce repère Mouhammadien permet de saisir, par exemple, la sentence à retenir des actes qui ont coûté la vie à plusieurs vaillants khalifes tout au long des conquêtes historiques de l’Islam. L’œuvre et le message de Mouhammad (PSL) constituent l’unique boussole qui peut durablement, complètement et solidement apporter les solutions idoines aux inepties internes à l’Islam et à la conduite des sociétés en général. Tel est sens du Maouloud auquel convie chaque année Cheikh Seydi El hadji Malick SY (RTA). Les musulmans devront éternellement des remerciements à ce Grand Erudit de l’Islam, pour avoir évité de focaliser les musulmans sur son immense œuvre, mais sur l’œuvre universel, inépuisable et parfait du prophète Mouhammad (PSL).

Paix et Salut sur Celui-là (Mouhammad-PSL-), sans qui notre création aurait été sans objet.

Elhadji Mounirou NDIAYE,

Economiste.

elhadjimounirou@gmail.com

18 novembre 2018
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En ces moments traversés par d’innombrables questions existentielles et où, plus que jamais, se pose le problème de la destinée humaine, au regard des crises morales et socio-politiques, il est important de revenir sur l’expérience du Prophète de l’Islam à l’occasion d’un évènement phare institutionnalisé par Seydi el Hadji MalickSy.Certes, « désenchantement du monde » au sens weberien et le sécularisme triomphaliste semblaient induire l’obsolescence du religieux au profit d’une victoire sans appel du rationalisme. Mais ce serait sans compter avec l’éternelle quête de sens qui n’a jamais cessé de hanter l’humain. Malgré la désaffection à l’égard des religions traditionnelles et/ou classiques, les formes de religiosités qui meublent notre espace – se disant modernes – subsistent, surgissent et ressurgissent ça-et-là avec une ampleur plus ou moins perceptible.

La manifestation la plus nette du phénomène de l’attachement humain aux « moyens de productions » du sens est l’impossibilité conceptuelle et matérielle de distinguer, aujourd’hui, à la manière de Durkheim les domaines du « profane » et du « religieux » dans l’activité sociale. On peut croire que ce besoin de sens est inhérent à la nature humaine et gît en son sein même.

Les religions, en général, et l’islam en particulier, avec la montée en puissance des extrémismes, sont au ban de la « société pensante » et des médias d’aujourd’hui. L’islam dont l’approche ne bénéficie pas de la même disposition d’esprit que celle adoptée pour l’étude des autres monothéismes se trouve indexé comme la parfaite illustration du péril religieux menaçant les libertés, la démocratie et aux antipodes de l’esprit de progrès.

En cette période de Gamou dont Cheikh El Hadji Malick Sy a fait un le lieu de réappropriation du legs spirituel et humaniste du Prophète de l’Islam, un retour sur son parcours permettrait de voir, sous plusieurs aspects, comment cette religion qui naquit au 7ème siècle a toujours été source de dynamisme et facteur de changement façonnant aujourd’hui la vie de plus d’un milliard d’individus sur cinq continents. Evoquant la personnalité de Muhammad (PSL), on se rend compte de l’extraordinaire manière dont la religion qu’il a professée a su épouser les contours de diverses cultures, unir dans leur diversité des peuples aux traditions différentes et rapprocher des contrées aussi éloignées. Image loin de celle que veulent préconiser les extrémistes de tous bords.

Quelles que soient les opinions contradictoires émises par les uns et les autres sur ses formes, l’expansion de l’islam a toujours intrigué les analystes les plus rompus aux processus historiques. L’échelle de temps, l’étendue du champ et les adaptations sociologiques de cette expansion qui n’a pas nui à l’harmonie sociale des sociétés ayant embrassé l’islam sont tant d’éléments qui méritent réflexion.

 Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie humain, qui oserait comparer un homme de l’histoire moderne à Mahomet ? », se demandait Alphonse de Lamartine en 1854. Ces questionnements s’inscrivent dans cette absence d’explication exhaustive du phénomène Muhammad (PSL). Loin de nous, la prétention d’essayer de fournir toutes les clefs permettant d’établir une grille performante de lecture de l’histoire de cet homme hors du commun pour les Musulmans.

S’adossant à l’ouvrage en or de Cheikh El Hadji MalickSy qui a décanté les énigmes sur le parcours de l’homme sublime que nous célébrons chaque année à Tivaouane. Rien qu’en se limitant sur l’évocation des étapes de sa vie en nous arrêtant surtout sur les conséquences de cette prédication et de ce message sur le cours de l’Histoire. Malgré les désaccords et les divergences de vues, on peut convenir que la naissance du Sceau des prophètes ce 22 juin 570 (ou 571 d’après d’autres sources) à la Mecque marquera les esprits et le destin du monde pour toujours.

Selon les termes de Mujtaba-Musawi Lari, « un autre soleil se leva dans le ciel obscurci dont la lumière éclaira soudain l’horizon sombre de la vie ». Le mérite d’un tel être fut, selon ses adeptes, de devenir l’homme le plus sublime au monde après avoir été élevé dans une société corrompue et injuste.

Les moyens pour arriver à son but ne pouvaient être que très modestes à l’égard de sa condition sociale d’orphelin à l’enfance secouée de péripéties douloureuses. N’ayant jamais vu son père disparu peu avant sa naissance, séparé, très tôt de sa mère par la mort, puis privé de l’assistance de son grand-père Abdelmutallib, ce notable de Quraysh, qui lui fit défaut dès qu’il eût huit ans, Muhammad (PSL) sera sans défense dans la société qu’il voulut transformer et où il ne pouvait plus compter sur l’appui de son oncle, Abû Talib qui quitta ce monde alors que le futur prophète n’avait pas encore commencé sa prédication. Cheikh El Hadji Malick situe cette étape à l’âge de huit ans (âma thamânî). Dans son Khilâs al-Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘arab, Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaoaune qui a fait de la célébration du Mawlid cet événement d’une grande ampleur, décrit bien cette jeunesse de Muhammad (PSL) et ses multiples péripéties : l’orphelin qui voulait devenir le père de l’humanité, le refuge des opprimés dans une société inégalitaire et le compatissant des misérables, puisera étonnamment dans l’accoutumance à la souffrance, des dénuements et des malheurs, la force indispensable pour accomplir sa mission.

La tradition universitaire des années 70 fortement inspirée par une analyse marxisante dans sa démarche, a longuement insisté sur la dialectique caractérisant les premières années de la prédication muhammadienne. Il est vrai que certains aspects de sa vie et de sa prédication ont bien l’air sinon d’une « révolution », du moins d’une profonde mutation sociétale.

Les premiers adeptes de l’islam naissant viennent de différents horizons mais partagent tous la même condition sociale de dominés dans un contexte hautement hiérarchisé où l’inégalité est érigée en règle.

Bilâl, l’esclave affranchi selon la tradition musulmane, dit ‘al-habashî (l’Abyssin), venant de l’autre côté de la Mer Rouge, de l’Abyssinie (Ethiopie), Souhayb est al-Rûmî, provenant certainement des régions sous la domination de Byzance, Salmân est al-Fârisî, (le Persan) allusion au domaine de l’empire Perse. Les premiers signaux d’une universalité qui imprimera ses marques à une religion de l’ouverture, malgré les thèses identitaires qui polluent cet esprit premier.

Mais la révolution était aussi économique pour cette religion qui institue le partage des richesses en véritable pilier au point que le poète Ahmed Shawqi voulut en faire romantiquement « l’Imam des Socialistes » (Al-Ishtirâkiyyûn anta imâmuhum). L’émergence de l’islam a coïncidé avec une période où l’Arabie vivait un tournant. La sédentarisation progressive, la reconversion de sociétés bédouines, nomades, au commerce et à la finance, faisaient que certaines vertus cardinales de l’homme arabe avaient du mal à perdurer devant l’appât du gain et l’accumulation. Un tel système est de nature à creuser les inégalités et à modifier les hiérarchies. La notion même et les critères du prestige social s’en trouvent bouleversés.

Ceux qui sont à la marge du système sont plus que jamais attentifs et réceptif à l’égard de ce Prophète qui leur proposait la justice, l’égalité, le respect de l’orphelin, la charité à l’égard de l’étranger.

Cette révolution n’en était pas moins socio-politique. Malmenés pour avoir porté atteinte au système établi et défié la puissance de la hiérarchie mecquoise, les membres de la première communauté de l’islam connaîtront très tôt l’exil. Le Négus, souverain de l’Abyssinie, les accueillera avec hospitalité et charité, les protégera dans la pure tradition chrétienne. Quelle heureuse rencontre, quel symbole de tolérance et d’acceptation mutuelle !

Mais c’est l’éveil des consciences qui éternisa ce message dans les mémoires. Dans son Regard sur l’histoire du monde, Nehru exprimait cette interrogation en ces termes : « Chose surprenante, la race arabe qui semblait durant des siècles demeurée dans une contrée sans renom, endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorait apparemment tout ce qui s’y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde ! ». il conçoit comme « un des merveilles du monde dans l’histoire humaine »,

Comme le rappelle Nehru, « la pensée motrice qui éveilla le monde arabe et le combla de la confiance en soi et de la force créatrice ne fut que l’islam prophétisé par Muhammad ». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le disait lors d’une visite à la Mecque « Si ce n’était pas le Prophète, messager de l’islam, qui connaîtrait cette civilisation se distinguant par l’hospitalité envers l’étranger » (lawla-n-nabiyyu rasûlullâh imâ ‘urifat/hadâratunsha’nuhâ-t- takrîmu li-l-ghurabâ).

La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv. Autour d’un prophète, d’un message et d’une foi, elle a donné au monde l’une de ses plus brillantes civilisations. Dan sa pédagogie du Gamou, Maodo a institué la récitatio de la Burdah d’Al-Bûsayrî (XIIIème s.) qui se contentera de conclure qu’il est certes homme mais le meilleur des créatures : fa mablaghul ‘ilmiannahûbasharun/ wa annahû khayru khalqi lâhi kullihimi.

Mais Cheikh El HdajiMalickinsitera dans une Qâcida sur les mêmes rimes (qâfiya) et mètre (basît), en affirmant que pour tout qualificatif afférant à la noblesse de l’âme, Muhammad (PSL) mérite le superlatif absolu ! : Min kulli wasfin hamîdin hâza af‘ala tafdîlin rajâ’ul barâyâ yawma muzdahamî

?Le sens du Gamou est surtout que ce message soit revivifié dans toutes ses dimensions, une fois libérés des préjugés dans lesquels aussi bien les extrêmes qui le dénaturent et en usent, que les tenants de l’essentialisme, portent la même responsabilité. Mais quelles que soient les tensions, malgré les déchirures et la percée du virus de l’animosité dans le monde d’aujourd’hui, on ne pourra jamais nier que cette religion appelle au dialogue au respect et à la coexistence pacifique.

Dr Bacary SAMB


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