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1 mai 2019
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Le CNRA a rencontré mardi 30 avril, une délégations de scénaristes pour échanger avec eux sur les programmes de divertissement destinés à accompagner les familles, durant le mois d’abstinence.

La réunion qui a eu lieu dans les locaux de l’Institution, a été convoquée par le Président Babacar Diagne avec pour objectifs de sensibiliser les acteurs sur la nécessité de conformer leurs productions aux réalités sociologiques et culturelles du pays. Un communiqué a déjà été rendu public la semaine dernière sur la question des Sketches RAMADAM, rappelle-t-on.

La délégation conduite par le Journaliste et scénariste Mamadou BITEYE, a été très réceptive aux avis et recommandations du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel qui a expliqué vouloir prévenir d’éventuels manquements au respect des valeurs que les Sénégalais ont en partage.

« Nous voulons privilégier la prévention, la sanction ne devant intervenir qu’en ultime recours », a expliqué le Président Diagne soutenu dans son argumentaire par ses collaborateurs membres de l’Assemblée du Conseil, parmi lesquels l’écrivain et dramaturge Alioune Badara BEYE et le Pr Djiby DIAKHATE, sociologue.

Le besoin de rencontrer les scénaristes pour les sensibiliser en amont, s’explique par la fréquence dans l’espace audiovisuel, en période de Ramadan notamment, de productions en totale contradiction avec les valeurs religieuses auxquelles sont attachés les Sénégalais.

Les dérives notées dans les productions sous le label Sketches Ramadan ont déjà donné lieu à des mises en demeure servies aux éditeurs par le Régulateur.

Le CNRA a plus d’une fois, été saisi de plaintes de personnalités et organisations de divers horizons et obédiences socio-cultuelles indisposées par des programmes en totale contradiction avec ce que les Sénégalais ont de plus cher, leurs croyances religieuses en l’occurrence. Dans un tel contexte, il est incompréhensible qu’au non d’un projet de divertissement, il puisse y avoir des productions audiovisuelles en violation des règles de coexistence dans le respect des diversités.

Les scénaristes ont exprimé leur totale adhésion à la démarche du Régulateur et se sont engagés à partager les recommandations de l’Institution. Le souhait des parties est d’obtenir que les moments de divertissement à proposer aux populations restent des occasions de rencontre entre l’utile et l’agréable. Avec à l’esprit, la double fonction pédagogique et thérapeutique du théâtre, sous toutes ses formes.

CNRA

30 avril 2019
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Le ministre des Collectivités  locales et de l’Aménagement territorial ne faisait pas que des menaces,  après que son nom avait cité dans une liste de présumés bénéficiaires de fonds  provenant de la société Defex.

Selon le journal libération, l’ancien ministre de la pêche a bien porté plainte  contre « Jeune Afrique ». Il réclame  une somme de 500 millions de FCFA pour  se laver à grande eau.

L’affaire est attendue à la barre le 25 prochain.

Coura Ka

10 avril 2019
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Momar Seyni Ndiaye a rendu l’âme ce mercredi matin à Dakar. Le journaliste et enseignant en communication politique a été attaqué, avant-hier par un Accident vasculaire cérébral (Avc).

L’ancien journaliste au journal Le Soleil était jusque-là consultant au groupe D-média où il intervenait tous les vendredis. La Rfm qui donne l’information souligne que Momar Seyni Ndiaye a aussi été Directeur de la Communication de la Sones.

Media28

30 mars 2019
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Donnant droit à la plainte collective de JAMRA et du «Comité de défense des valeurs morales», contre la série «Maîtresse d’un homme marié», l’organe de régulation de l’audiovisuel, le CNRA, en livrant ce 29 mars 2019 son verdict a été on ne peut plus clair. Confirmant l’intégralité des griefs formulés par les plaignants, le CNRA a effectivement précisé que: «L’instruction du dossier par les services du monitoring du CNRA a apporté la preuve que dans le téléfilm sont régulièrement notés des propos, comportements et images jugés choquants, indécents, obscènes ou injurieux; des scènes de grande violence ou susceptibles de nuire à la préservation des identités culturelles».

Et l’arbitre de l’audiovisuel d’ajouter, sans équivoque, que: «La non prise en compte des remarques du CNRA, faites ci-dessus, notamment en révisant le contenu, pourrait avoir comme conséquence le retardement de l’heure de diffusion de la série ou son interdiction, par le CNRA». Par conséquent, il est inexact de dire que le producteur de cette série, tant décriée, MARODI-TV «a reçu les encouragements du Conseil National de Régulation de l’Audiovisuel (CNRA)… ». Quand on a commis d’inqualifiables bourdes, qui ont heurté la sensibilité de nombre de nos compatriotes, écorché la conscience de beaucoup d’éducateurs, pères et mères de famille, et agressé de nombreux croyants de ce pays dans ce qu’ils ont de plus cher , leur Foi, on doit avoir la modestie de faire amende honorable, en s’engageant à opérer les corrections ci-dessus énumérées par le CNRA. Plutôt que, dans un dépit de mauvais perdant, de ruer dans les brancards, par le biais d’un baroud d’honneur épistolaire qui frise l’arrogance, sévèrement «sanctionné» d’ailleurs par les internautes, dans les réseaux sociaux.

Précisions en passant que JAMRA n’a jamais demandé à être associée à la rédaction d’un quelconque scénario. Cette idée a été plutôt émise, en toute souveraineté, par les tenants du «triumvirat» de cette série à polémique, lorsque le vice-président de l’ONG islamique JAMRA les recevait, à leur demande, à son domicile, le lundi 25 mars 2019, en présence de deux témoins. Lesquels, Dieu merci, n’ont pas manqué d’immortaliser la «scène» avec leurs smartphones, en prenant notamment des clichés, que nous nous sommes, jusque-là, gardé de publier dans les médias, par respect. Idem pour les sms.

Qu’on ne se mette donc pas fanfaronner en soutenant que «MARODI se donnera la liberté de poursuivre son œuvre sans avoir à associer qui que ce soit dans l’écriture de ses scénarii», après en avoir, sciemment et de vive voix, fait la proposition contraire à JAMRA ! Qui, en tout état de cause, ne leur tiendra pas rigueur de s’être débinés, dans les heures suivantes, par un pitoyable «wax-waxéét», suite à cet engagement moral, auquel personne ne les avait contraints !

Cela dit, «comment JAMRA a fait pour connaître le contenu» de cette série qui défraie la chronique – et dont le CNRA reconnaît qu’elle comporte bel et bien des «propos, images, comportements choquants, obscènes, injurieux…»? En procédant comme le Service du monitoring du CNRA: en la visionnant, tout simplement ! Mais surtout en mettant en œuvre cette sage recommandation du Prophète Mouhamed (psl), qui enseigne dans un sublime Hadith que «le croyant doit éviter de témoigner de ce dont il n’est pas sûr de science certaine»! Autrement, si JAMRA s’était contenté de rumeurs, du genre «il paraît que…», «on dit que… », pour porter plainte, nous aurions assurément commis un grand péché. En effet, comment aurions-nous pu savoir que cette série faisait (entre autres dérives) l’apologie de l’adultère et de la fornication, condamnés par toutes les religions révélées, si nous ne l’avions pas visionnée?

A ceux qui ont tenté, laborieusement, de faire accréditer l’idée d’une quelconque «indignation sélective», par rapport à ces séries sud-américaines bas-de-gamme qui inondent notre paysage audiovisuel, nous leur répétons ceci: Puisqu’ils reconnaissent tacitement que ces «télénovelas» sont porteuses de perversité, pourquoi alors vouloir en rajouter avec des «copies-collées», qui ne sont souvent que de déplorables mimétismes des sous-cultures occidentales? «Dou mann rék, bokou ma ci moo ko gueun» (je ne suis pas le seul à avoir failli à ses responsabilités), dit le sage adage de Koth Barma ! Il convient, certes, comme JAMRA l’a du reste toujours plaidé, d’encourager, de soutenir la production audiovisuelle locale, mais à la condition fondamentale qu’elle vise une finalité humaine et sociale positive. À l’instar de ces illustres productions télés de jadis, comme «Daaray-koth» ou «Jamonoy-tey», etc. Les parents s’en délectaient volontiers dans les chaumières, en compagnie de leurs enfants. Lesquels ne manquaient d’ailleurs pas d’en tirer de hautes vertus morales et citoyennes. Contrairement à la plupart des séries d’aujourd’hui, qui n’éduquent plus nos enfants mais les pervertissent!

JAMRA continuera, en partenariat avec ses 22 partenaires du «Comité de défense des valeurs morales», regroupant 22 associations religieuses et de la Société civile – et managé avec brio par l’honorable Serigne Bassirou Mbacké Cheikh Astou Fall (neveu du Khalife de Touba et arrière-petit-fils de Mame Cheikh Ibra) – à faire preuve de la même extrême vigilance, en se dressant systématiquement contre tout affairiste qui entreprend de répandre la perversion et d’encourager la débauche dans notre société, pour des profits bassement financiers et égoïstes. Ces 22 structures de notre Comité (qui avaient décidé d’organiser chaque Vendredi des Marches de protestation, si leurs griefs n’avaient pas été pris en compte par le CNRA), animées par des patriotes émérites, acquis au noble credo décliné dans le préambule de la Constitution du Sénégal – qui stipule que «le peuple sénégalais souverain est fortement attaché à ses valeurs culturels, qui fondent le ciment de son unité nationale» -, sont plus que jamais déterminées à ne laisser prospérer aucune basse manœuvre de lobbies, fussent-ils maçonniques ou homosexuels, qui, par le biais de l’audiovisuel public ou privé, entreprendraient de porter atteinte aux nobles valeurs qui nous été généreusement léguées par nos vaillants ancêtres, ainsi que les grandes figures religieuses qui reposent en terre sénégalaise.

Enfin, l’ONG islamique JAMRA, l’Observatoire de veille et de défense des valeurs culturelles et religieuses, MBAÑ GACCE, et le Comité de défense des valeurs morales, essentiellement soucieux de la protection de la santé mentale et morale de nos enfants, avenir de toute Nation, saluent le patriotisme culturel dont font constamment preuve les éminents membres du CNRA, en se dressant en sentinelle vigilante dans la sauvegarde de nos valeurs culturelles ancestrales, gage de la consolidation de notre unité nationale.

 Le combat continue!

Dakar, 30 mars 2019

Les Bureaux exécutifs de

JAMRA et MBAÑ GACCE

29 mars 2019
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Le Conseil national de régulation de l’audiovisuel (Cnra) n’a pas tardé à donner son avis sur la série «Maitresse d’un homme marié »  de la société de production, Marodi dont l’Ong Jamra et le Comité de défense des valeurs morales contestent justement les valeurs véhiculées. «La diffusion du téléfilm peut se poursuivre sous réserve de mesures correctives à apporter. Il s’agira pour Marodi de poser une signalétique et de rectifier la diffusion des scènes de grande violence ou susceptibles de nuire à la préservation des identités », informe le communiqué. Le texte du Cnra poursuit, en guise de précision, que «la non prise en compte des remarques pourrait avoir comme conséquence le retardement de l’heure de diffusion ou l’interdiction définitive de la série  incriminée.

Pdf disponible ici : Decision_CNRA_plainte_telefilm__La_Maitresse_d_un_homme_marie

Media28

 

27 mars 2019
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La Voix de Cheikh Anta ! C’est le nom de la toute nouvelle radio de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). Elle sera inaugurée le 20 avril prochain. «Ucad Fm» aura un programme accès, entre autres sur l’Université et sur la société ? La radio universitaire qui se veut un instrument d’éducation et de paix sociale va s’appuyer sur le Centre d’études des sciences et techniques de l’Information (Cesti). Le projet a été présence ce mercredi par le Recteur de l’Université lors d’un point de presse.

Media28

27 mars 2019
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La direction des chaines régionales et thématiques de la Rts, un service de la Rts qui regroupe la Rts2, la Rts3 et la Rts4, a une nouvelle patronne.  Il s’agit de Diatou Cissé. L’ancienne secrétaire générale du #Synpics a été installée hier par le directeur général de la Rts, Racine Tall. Elle remplace à ce poste Oumar Ba qui, depuis samedi dernier est appelé à faire valoir ses droits à la retraite.

Media28

23 mars 2019
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Malick Thiandoum n’est plus un agent de la Sen Tv, télévision de Bougane Guèye. L’animateur de « Grand combat » vient de démissionner. Selon le journal L’As, dans sa parution du jour, Malick Thiandoum ne va pas trainer. Il a déposé ses baluchons à iTv, la télévision de E-Media Invest, fondée Mamoudou Ibra Kane, Alassane Samba Diop et Boubacar Diallo, transfuges du groupe futurs medias.

Media28

18 mars 2019
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La présente contribution est une réplique à l’article intitulé «Ah, ces censeurs» publié dans le journal Le Témoin et dans lequel l’auteur, à la signature anonyme, s’attaque à ceux qui dénoncent la perversité ostentatoire que véhicule la série «Maitresse d’un homme marié».

La ligne de défense employée n’est pas nouvelle. Elle repose au fond sur les mêmes arguments que ceux qui sont développés à chaque fois que des dérives liées aux mœurs, qui s’attaquent aux fondamentaux de notre société, sont dénoncées. Les fidèles amateurs de cette série ont la particularité de la défendre avec le même reflexe libertaire et les mêmes raccourcis infondés.

Le réflexe libertaire. La défense de la «maitresse» se déploie avec un argument classique et passe partout qui s’est progressivement mais vigoureusement installé au Sénégal après un parcours intercontinental intimement lié à la colonisation. C’est même leur premier réflexe : ‘‘le droit de faire ce que l’on veut’’.

Selon cet auteur inconnu, les «censeurs veulent leur dire ce qui est bon ou pas pour les adultes qu’ils sont». Ce premier argument n’est rien d’autre que l’exaltation d’un hypothétique libre-arbitre, d’une liberté individuelle qui semble ne se dessiner aucune limite. Cette représentation de la liberté individuelle est à la fois égoïste et fausse.

Elle est égoïste parce que la société sénégalaise n’est pas exclusivement une société d’adultes !  Elle est tout aussi fausse, car un adulte, loin de représenter un partisan de la désinvolture et de l’irrévérence systématique, se conjugue communément avec le sens de la responsabilité. Comme nous le rappelle feu le Professeur Assane Sylla, lorsqu’on vie en société : «Agir librement, c’est agir responsable. Il n’y a pas de moralité là où il n’y a pas de responsabilité individuelle».

Or, nous avons dans cette série ce qu’il y a de pire dans la vie NORMAL de tout adulte responsable : le mensonge systématique, la fornication décomplexée, l’adultère, la violence, l’arrogance, la vulgarité… Bref, le contraire de la base même de notre système social, culturel et identitaire !

L’auteur de l’article ainsi que ceux qui défendent cette série ont-ils été éduqués sur ces mêmes anti-valeurs dont ils soutiennent pourtant aujourd’hui la promotion à travers cette série ? Qu’ils répondent honnêtement à cette question !

La planète «adul-terre». Les défenseurs de la «maitresse … » sont, sans le savoir peut-être, les théoriciens d’une planète à part, totalement réservée aux adultes. Dans leur monde, lorsque passe ou repasse leur étoile préférée, «maitresse…», seuls les parents irresponsables laissent entrevoir à leurs enfants les boules de feu puantes qu’elle peut à tout moment dégager. C’est là, une autre manifestation de leur égoïsme culpabilisateur et, en même temps, de leur individualisme agressif. Comme s’ils étaient étourdis par leur soif de divertissement, les ‘‘adul-terriens’’ oublient de voir qu’autant les parents ont l’obligation d’éduquer leurs enfants autant leur ‘‘planète’’ a un accès direct, à travers la télé et les réseaux sociaux, aux ‘‘petits’’ cerveaux qu’ils ont pourtant la responsabilité de protéger. Des jeunes encore trop jeunes pour regarder films et séries avec un œil conscient.

Doit-on alors laisser cette jeunesse à la merci d’une production cinématographique essentiellement mimétique qui se démocratise à une vitesse exponentielle, alors qu’aucune réglementation, qu’aucune politique audiovisuelle ne vient encadrer ?  Est-ce la société sénégalaise qui doit s’adapter à la liberté artistique ou c’est à la liberté artistique de s’adapter à notre patrimoine culturel et religieux ? La contradiction de l’auteur de l’article apparaît plus ouvertement quand il soutient que la série «c’est pour les adultes que nous sommes». La série est-elle interdite aux mineurs ? La série ne passe-t-elle pas à la 2stv, une chaine gratuite et grand public ? Leur représentation idyllique de la série ne s’arrête pas là. Ils ont un autre raccourci légitimateur.

L’épouvantail du miroir.  Il passe pour être l’argument favori des amateurs de la série. L’auteur de «Ah ces censeurs !» considère que «sa» série, «est le miroir d’une société en déliquescence». D’autres, disent qu’elle ne fait que ressortir la réalité. Le problème avec cet argument c’est qu’il est plus vraisemblable que vrai, sans oublier qu’il dénature les faits.

La réalité sociologique est par essence plurielle. Et en l’espèce la série ne représente qu’une certaine réalité. En vérité, on ne peut, raisonnablement, sur la base du comportement, de surcroît, déviant de quelques-un(e)s d’entre nous, dessiner toute la société sénégalaise dans son ensemble. La série présente aussi une réalité déformée qui rend inopérante l’épouvantail du «miroir».

Quel est l’intérêt de montrer que certains hommes sont infidèles dans une société dont la réalité primordiale et gouvernante abhorre l’infidélité ? Sauf que le message est beaucoup plus subtil que cela. Il faut le chercher chez la «maitresse», l’actrice. A elle, on demande, sur fond d’autonomie sexuelle absolue (qu’elle n’a pas en réalité dans la société sénégalaise sauf si elle est une prostituée), de se laisser aller comme elle le souhaite tant qu’elle est célibataire avec la seule consolation de devenir, peut-être un jour, la seconde épouse de son amant.

Les séquences sur les femmes battues et humiliées ne visent tout au plus qu’à neutraliser notre capacité et notre devoir d’indignation le temps que le message subliminal passe tranquillement avec la «maitresse», du reste l’actrice principale. Demandez-vous pourquoi la femme battue, travailleuse n’est-elle pas la ‘‘héroïne’’ ? Elle fait partie du décor sentimentaliste !

Pour mieux comprendre la fonction subliminale du film chez les jeunes, prenons la règle de la virginité, de la chasteté ou l’abstinence avant le mariage. La règle de la chasteté avant le mariage que la série, à dessein ne calcule même pas, reflète-t-elle notre réalité ? Cette règle a-elle subitement disparue dans notre société ?  Le pire c’est que la série travestie même la réalité sénégalaise en choisissant des femmes qui se réclament d’une ethnie que nous savons tous ultra-conservatrice. Les hal-poulards (comme les autres ethnies d’ailleurs) ne tiennent-ils plus à la règle de la chasteté avant le mariage ?
En dévalorisant ce qu’il y a de plus précieux chez ;a femme sénégalaise la «maitresse» nous ment. Elle dénature la réalité en favorisant une exception (liberté sexuelle) sur une règle encore extrêmement solide (la chasteté). Beaucoup ne le savent pas peut-être, mais pour rendre la virginité ringarde dans la société occidentale, il a fallu bien des années de production cinématographique répétitive et agressive pour faire passer la chasteté de son statut de principe de vie à une vulgaire exception pratiquée par une minorité de chrétiens catalogués ultraconservateurs.
La théorie du «‘‘zieuteur’’ scandalisé». A nous autres parents, frères, amis, observateurs on nous reproche, selon l’expression de l’auteur inconnu, d’avoir «zieuté» la série et de jouer après aux «scandalisés». Ce ne serait, d’après sa lecture, qu’une métamorphose de notre réelle hypocrisie.  Argument qu’il partage, d’ailleurs, avec d’autres «zieuteurs» fans. Par ce raccourci, que je considère comme le plus ridicule de sa série, on nous interdit le droit à l’indignation lequel est l’une des fonctions sociales qu’implique l’exercice de la responsabilité. Ils ne savent pas. Ils ne comprennent pas. Quand on regarde avec un œil conscient on ne se délecte jamais de ce qui est dégradant et répugnant. Leur apologie de l’irresponsabilité est tellement enivrant qu’ils ignorent que jamais comme auparavant les fournisseurs tv et internet n’ont autant rivalisé de procédés de contrôle parental afin de satisfaire justement le «zieuteur scandalisé» ?

L’interdiction du droit et du devoir d’indignation apparait sous une forme encore plus choquante lorsque l’auteur écrit : «Ils veulent nous dessiner un monde sans excès dans un pays de «Ceddo», oubliant que nous sommes de récents «Toubènes». Ce raccourci est d’un cynisme sans second. L’auteur préjuge et insinue que nos ancêtres n’avaient aucune forme de morale sociale. Il limite le temps de notre accès aux valeurs morales structurantes qu’après seulement notre contact avec l’islam et la colonisation.

C’est ça aussi le nouvel intellectualisme africain : il nie sa propre histoire pour être dans le vraisemblable du moment, c’est-à-dire dans le même imaginaire qu’un petit homme comme Nicolas Sarkozy. Voilà donc un auteur qui doit encore beaucoup lire, beaucoup apprendre. A cet effet, je l’invite à lire les professeurs Cheikh Anta Diop, Assane Sylla, Boubacar Ly, Bassirou Dieng…

Je mets finalement son raccourci naïf sur le compte de la méconnaissance de soi (ñiak xam sa bop) qui provoque inéluctablement, selon les poètes et écrivains sénégalais Ndongo Mbaye et Amadou Elimane Kane, deux autres formes de complexes : le manque de confiance en soi (ñiak guëm sa bop) et le manque d’estime de soi (ñiak wek sa bop).

Dans la même veine que notre auteur, d’autres anonymes cherchent à neutraliser notre devoir d’indignation par le fait qu’il y aurait pire ailleurs et qu’il faudrait commencer par là.  Drôle de façon de régler un problème ! Est-ce avoir le sens de la responsabilité que de défendre le mal par le mal ? Je ne le crois pas.

Théorie de la créativité artistique débordante. Nous saluons la créativité artistique s’il est au service d’une finalité humaine et sociale. Aujourd’hui la créativité artistique va vers la dérive. Elle est débordante parce qu’elle ne dresse aucune limite. Sinon comprendre que l’Islam et son pilier, le Ramadan, puissent faire l’objet de sketch qui est par nature une représentation comique ? Cette créativité est de moins en moins endogène et largement mimétique et désinvolte.

Revenons en arrière. Dans le film ‘‘Billy boy’’ on apprend au jeune sénégalais que modernité ne rime pas avec drogue. La représentation du dealer de drogue ainsi que les mécanismes de réprobations sociales qui se trouvent dans le film laissent forcément des traces dans le subconscient des jeunes que nous étions. Même si le français y était largement employé, il ne faisait au fond que véhiculer notre aversion culturelle et sociale à l’auto-destruction par la drogue !  Voilà une créativité artistique constructive.

Déconstruire ce qu’il y a de plus cher chez nous passe forcément par la vulgarisation de l’immoralité ! Qu’est-ce que nous voulons offrir à l’humanité ? Bollywood montre la réalité indienne, mais reste très jaloux de la culture et de l’identité indienne. Dans cette forme de créativité insolente, c’est décidemment «Marodi tv»  qui est le label de tous les excès. Non content de banaliser la franc-maçonnerie avec «Pod et Marichou», (série dont rien ne présageait un tel basculement vu son titre enfantin), le label banalise aujourd’hui le sacrifice d’enfants. C’est une insulte qu’il nous balance chaque semaine au moment même où les rapts et sacrifices d’enfants se banalisent sous nos yeux.

En vérité, notre mauvaise compréhension de la modernité est presque circulaire. Même le développement économique que nous chérissons nous ne l’envisageons que dans la perspective occidentale. Or le facteur culturel et identitaire a été déterminants dans le miracle économique américain, japonais, sud-coréen ou encore rwandais. A ce niveau, l’ouvrage du Professeur Felwine Sarr (Afrotopia) ouvre de belles perspectives de lecture et de recherche.

Plus que dans une logique de divertissement on est vraiment avec cette nouvelle ‘‘créativité artistique débordante’’ dans une logique de transformation subliminale de la jeunesse. Or le Sénégal n’a que sa jeunesse. Il faut une politique culturelle et identitaire pour la protéger. Et vite !

Abdou Karim Salam

Enseignant-chercheur, Nantes, France.
NB : Je tiens à remercier Mame Mactar Gueye
de l’ONG islamique JAMRA, dont le combat a inspiré cet article.


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